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Mohammad Hassan Hamedi
Traduit par Mostafa Shalchi

Abolhassan Sadighi est considéré comme le père de la sculpture en Iran. Bien qu’il mérite amplement ce titre mais cela n’exprime pas tous ses services et son influence dans le domaine de l’art iranien ; car il maîtrisait plusieurs arts et et c’était un illustre professeur. Sadighi fit revivre l’art de la sculpture de l’Iran alors qu’elle n’avait plus rien à exprimer depuis des siècles.
En 1913, en entrant dans l’Ecole des beaux-arts dirigée par Kamal-ol-Molk, figure artistique la plus illustre de ces derniers siècles, Sadighi fit ses premiers pas dans le domaine de l’art. Bientôt, contrairement à beaucoup d’autres élèves, au lieu de dessiner la statue de la Vénus de Milo, apportée dans l’école, il prêta attention à la statue même et s’intéressa à l’art de la sculpture. Puis, avec les instruments les plus élémentaires tels que couteau, cuillère et fourchette, se mit à réaliser des sculptures en plâtre.

Son immense talent ayant apporté de grands résultats en peu de temps étonna le maître à tel point que ce dernier entreprit de faire évoluer son activité en l’encourageant. Il lui fournit de la pierre pour qu’il entre pratiquement dans le domaine de sculpture.
À cette époque, l’école des beaux-arts avec la présence du professeur Kamal al-Molk et des œuvres d’art des étudiants était considérée comme une des attractions de Téhéran et cosntituait le lieu de rencontre des personnalités culturelles et politiques de la capitale. Parmi ceux qui fréquentaient l’école en permanence se trouvait l’ambassadeur de France. En observant les œuvres d’Abolhassan Sadighi et en appréciant son talent, il conseilla à Kamal al-Molk de l’envoyer étudier l’art de la sculpture en France et à l’École des beaux arts de Paris. Il proposa même une bourse à Sadighi, mais le professeur Kamal al-Molk répondit à M. Locu qu’il pensait depuis longtemps à ce projet et que le moment venu, il le proposerait officiellement aux autorités du pays pour qu’il réalise ce voyage avec le budget du gouvernement iranien.
Au cours de ses quatre années d’études, Abolhassan Sadighi apprit non seulement l’art de sculpture mais il suivit aussi l’enseignement de la peinture et du dessin puis il devint Professeur de l’école. En s’appuyant sur son art, le maître Kamal al-Molk créa un atelier de sculpture dans l’établissement et lui confia quelques élèves.
Sadighi finalement, avec le soutien du professeur Kamal al-Molk et l’attention du ministre de l’Éducation, partit en France en 1928 avec le premier groupe d’étudiants iraniens durant l’époque Pahlavi. Il alla à l’Ecole des beaux-arts et il commença à étudier dans l’atelier du professeur Injalbert.
Il apprit scientifiquement et pratiquement l’anatomie, le dessin, la peinture et la sculpture et approfondit ses connaissances. Sa compréhension de l’art européen moderne, dans la même période, lui permit de créer ses premières œuvres de peinture avec une tendance moderniste et de faire figurer son nom en tant que premier peintre moderne d’Iran.
En 1930, Sadighi entreprit un voyage d’étude dans le sud de la France et passa quelque temps à Rouen. Il rentra de ce voyage avec plusieurs tableaux et carnets de dessin et un nombre remarquable de photos sur lesquelles il avait fixé les paysages de cette région.
Deux ans plus tard, il se rendit en Italie, berceau de la sculpture classique, pour découvrir davantage l’art européen. Son plus grand intérêt pour ce voyage était l’étude des œuvres artistiques et l’enregistrement des paysages et des monuments traditionnels.
En arrivant en France, Sadighi s’initia à l’art de photographie et se mit à prendre des photos d’une manière expérimentale et comme il possédait déjà une vision artistique, il fixa des clichés qui demeurent encore fascinantes après près de 90 ans.
En plus de fixer des paysages urbains et des monuments anciens, les photos de Sadighi ont un approche anthropologique et révèlent certains aspects de la vie quotidienne des gens.
Il semble que le professeur Sadighi ait acheté ses équipements de photographie en France. Malheureusement, nous ne connaissons pas le modèle de son appareil photo, mais les informations sur les plaques photographiques coupées selon un format de 65 mm à 90 mm et pour un certain nombre sur les négatifs de 60 à 87 mm au lieu de plaques – cette réduction serait destinée à permettre d’insérer la pellicule dans l’appareil photo – pourraient nous fournir un indice pour identifier l’appareil qu’il utilisait.
Ces plaques et négatifs, au total, comprennent 194 pièces, qui résistèrent au temps, mais il semble que le photographe n’ait jamais eu la possibilité de les imprimer.
En 2013, en cherchant dans les papiers et les documents du professeur Sadighi – qui avait été conservés par sa fille, Noushin Dokht Sadighi – on a trouvé ces pièces et on me les a confiées pour leur identification et un travail de recherche. Dans un premier temps, après le nettoyage et la restauration, les plaques et les verres ont été scannés puis imprimés pour que se révèle un autre aspect de l’art du professeur Sadighi qui intéressera certainement les chercheurs européens.
Abolhassan Sadighi retourna en Iran en 1932 et en l’absence du professeur Kamal al-Molk fut nommé le directeur de l’Ecole des beaux-arts connue aujourd’hui sous le nom des « Nouveaux Arts » et il se mit à travailler. Le poste fut maintenu jusqu’en 1939 tout en adhérant au conseil fondateur de « la faculté des beaux-arts de l’université de Téhéran ».
Il est à noter que le fondateur de cette faculté était un Français nommé André Godard (1881-1965) qui fut invité par le gouvernement iranien en 1929 pour organiser l’établissement du Département général de l’archéologie en Iran. Au cours de ses 32 années de résidence en Iran, Godard, avec son épouse, « Ida », avec ses efforts et ses activités dans le domaine de l’archéologie et de l’architecture, servit énormément l’histoire et la culture iraniennes. La conception et la construction du Musée de l’Iran Ancien n’est qu’un souvenir de lui parmi d’autres. Il publia le résultat de ses vastes découvertes et recherches depuis 1936 sous la forme de brochures annuelles en français avec comme titre « Les œuvres de l’Iran », qui furent publiées plus tard en quatre volumes. Cette œuvre, traduite en persan, est aujourd’hui l’une des sources les plus importantes de l’histoire iranienne.
En plus de son activité de direction et d’enseignement exercée durant cette période, Sadighi perfectionna son art de la sculpture et put gagner le titre de père de la sculpture iranienne contemporaine en créant les plus importantes sculptures urbaines, dont certaines étaient liées à des thèmes nationaux et des figures importantes de la culture et de la littérature persanes, telles que la statue de Justice (1944), la statue d’Avicenne (1954), la statue de Saadi (1952), la statue de Nader Chah (1961), la statue de Ferdowsi (1971), la statue de Yaghoub Leis Saffari (1977) et quelques autres.
Abolhassan Sadighi décéda à Teheran en 1995 à l’âge de 98 ans.

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