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Shahrouz Mohajer

L’intérêt des Français pour l’histoire et la culture iraniennes et plus particulièrement pour les œuvres écrites en persan ne constitue pas un phénomène nouveau. En réalité, la traduction et la présentation des œuvres littéraires persanes en France remonte à peu près au début du 17e siècle. Autrement dit à une période où les Français se sont familiarisés pour la première fois avec les poèmes de Saadi, Attar, Ferdowsi puis, progressivement, avec les autres joyaux de la culture et de la littérature persanes.

En peu de temps on assistera à la traduction de ces œuvres et à leur publication tandis que, progressivement, des œuvres naîtront sous la plume d’auteurs français pour rendre compte de la culture iranienne. Jusqu’aux époques Qadjar et pahlavi, on ne découvrira pas beaucoup d’œuvres écrites en français par des Iraniens mais, avec une nouvelle vague migratoire en direction de la France, durant ces dernières décennies, nous assistons désormais à l’émergence d’écrivains iraniens dans l’espace académique du pays de même que sur le marché de l’édition française. Cela à travers un éventail qui va des éditeurs tels l’Harmattan qui consacre une partie de ses collections à la publication d’ouvrages dédiés à l’Iran, et des éditeurs tels la Maison Gallimard et Albin Michel, comptant comme l’un des plus prestigieux éditeurs français.

Un coup d’œil porté sur l’état de l’édition de livres en France révèle que durant l’année écoulée au moins 50 ouvrages d’auteur ou de traductions en relation avec la culture et l’histoire iranienne ont été publiés par des éditeurs français. La plupart de ces ouvrages concernent des œuvres de fiction, la littérature classique persane, l’histoire, l’artisanat, les arts plastiques et le cinéma. Durant ces dernières années ces statistiques ont plus ou moins évolué dans les mêmes limites, aux alentours d’un chiffre oscillant entre 40 et 80 titres d’auteurs iraniens et français portant sur divers thèmes en relation avec l’Iran.

L’importance de telles publications nous a conduit, dans ce quatrième numéro de la revue Iwan, à présenter quelques-uns de ces ouvrages dans le cadre d’un travail de critiques et de commentaires.

Il convient de citer plus particulièrement les titres suivants : « L’Iran mis en scènes » par Agnèce Devictor, « L’histoire des relations entre l’Iran et la France : Du Moyen Âge à nos jours » par Safoura Tork Ladani, « Histoire d’un mythe, le Forgeron dans le Livre des rois de Ferdowsi » par Reza Afchar Naderi, « Tant de doute pour une évidence » par Mohammad Ali Movahed, « La chevalerie iranienne » par Shahla Nosrat et « Et la vie continue » accompagné d’une iconographie par Jassem Ghazban Pour.

La présence régulière d’œuvres cinématographiques iraniennes en France fut un prétexte afin que, dans ce numéro, aux côtés des textes critiques, un dossier principal soit consacré au cinéma d’Iran. Il est possible d’affirmer que cette présence s’est initiée durant les années 1340 / 1960 avec la projection de films iraniens dans le Festival de Cannes et se poursuit jusqu’à aujourd’hui à tel point que chaque année près de 5 films occupent les écrans à l’échelle nationale et près de 40 films documentaires ou de fiction sont projetés à une échelle plus restreinte. Au fil des articles constituant ce dossier, des chercheurs issus des universités de la Sorbonne et de Genève ont répondu à quelques questions essentielles sur le cinéma iranien, notamment sur les raisons du succès de ce cinéma en France et sur les hauts et les bas vécus par cette industrie durant les quatre dernières décennies.

Les autres articles ont porté sur des questions historiques, sur la documentation, l’histoire de la traduction littéraire, la littérature comparée, la calligraphie persane tandis qu’un article s’est plus particulièrement attaché à la présentation de Serge Rezvani, un artist et écrivain Franco-Iranian.

 

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